Il faut tout de même du caractère pour se cadrer le mainstream et faire les choses de manière anticonformiste. Voilà un bel exemple. Tout ça ressemble à un vrai succès.
Ce qui m’épate dans ce talk c’est qu’il est “pétris de bon sens”… -ce qui fera plaisir à certains-. En effet le sens commun transpire comme un porcinet au soleil à chaque slide germanique-ment délivré à un public en folie.
On parlait déjà de Google ici. Mais le monstre étant ce qu’il est, il fascine. Depuis toujours, la réussite intrigue. Ce qui me paraît intéressant aujourd’hui, c’est qu’on parle de Google comme on parlait de Microsoft il y a quelques années. Mais comment diable pouvons-nous tous apprendre du maître ! Telle est la question.
Mister Andrew P. McAfee a un réflèxe excellent lorsqu’il se trouva devant l’administrateur en chef de Google (Eric Schmidt), lors d’une conférence de Lab Management:
Il se rappelle de ce que ces élèves pensent face à Google et interpelle le CEO :
Eric, comme beaucoup de gens ici, j’enseigne dans une école de commerce, et j’ai toujours été déçu par les résultats à chaque fois que je utilisais Google comme une étude de cas. Mes étudiants [...] disent toujours qu’il n’y a rien à apprendre de votre entreprise parce qu’elle est tout simplement trop différente de la leur, vous êtes très jeune, vous êtes dans cette étrange industrie en ligne, et vous êtes pleins de personnes avec un QI de 145.
J’ai essayé de repousser ces arguments dans la salle de classe, mais en vous écoutant ce soir je commence à penser que mes élèves ont peut-être raison ! Comme vous l’avez décrit, Google semble être une organisation unique. Alors que peuvent réellement apprendre les autres entreprises de vous ?
Et comme Mr Schmidt est apparemment le genre de personne à donner des réponses et de plus “aiguisées”, il balança :
Ils peuvent apprendre à écouter. S’écouter les uns les autres est essentiel à notre culture, et on ne s’écoute pas simplement car on est tous très intelligents. Nous sommes à l’écoute parce que tout le monde a de bonnes idées, et parce que c’est un excellent moyen faire preuve de respect. Et toute entreprise, à tout point de son histoire, peut commencer à écouter davantage.
La conversation, la conversation et toujours la conversation (avec des buts et un processus tout de même, on est d’accord). Ecoutez ceci aussi :
Cette interview me fait définitivement penser à celles faites à l’époque sur Microsoft.
Mais j’aime bien un point en particulier, c’est l’idée de “chaos ordonné”. Finalement tout processus en est un, la dose de chaos est doit “simplement” être mesurée.
Pour le reste, il me semble qu’il n’y a pas grand chose de nouveau, sauf, peut-être, que Google est bon dans tous les domaines évoqués comme le “product scalibility”, “time loop” entre prototype et produit fini, la meilleure manière d’extraire le jus des QI élevés, accepter l’erreur, humilité de chacun (sic!), mettre les idées en face des clients et les faire disparaître aussi sec si ça ne marche pas, et -apparente réalité- chez Google : l’individu est au centre du processus…
L’Entreprise 2.0 ? dont Mr Andrew P. McAfee parle ici avec des liens sur quelques exemples de compagnie de ce type.
Pour le sofa rouge, allons à la recherche des clés de l’enterprise 2.0 , voyons un peu ce que Monsieur Andrew nous dit:
Enterprise 2.0 is more likely if…
Technologies
* Tools are intuitive and easy to use
* Tools are egalitarian and freeform
* Borders seem appropriate to users
* At least some of the tools are explicitly social
* The toolset is quickly standardized
Support for the Initiative
* Incentives exist, and are soft
* Excellent gardeners exist
* Patient and dedicated evangelists exist
* Energy and activity are primarily bottom-up
* Effort has official and unofficial support from the top
* Goals are clear and well-explained
Culture
* People are trusted
* Slack exists in the workweek
* Helpfulness has been the norm
* Top management supports lateralization
* There are lots of young people
* There is pent-up demand for better information sharing
Plus je lis ça, plus je pense que c’est un projet pour une génération et il faut, condition sine qua non, que chaque manager de chaque pays et de chaque continent suive les cours du professeur.
Mais je crois que le doute est aussi dans l’esprit du professeur. Car il dit “Enterprise 2.0 is more likely if…” likely, ce n’est pas certain qu’avec toutes ces conditions le 2.0 puisse être délivré à l’entreprise, car il est nécessaire d’avoir plus, la confiance dans la relation.
Et puis, pour que la collaboration fonctionne, il serait idéal que les gens se sentent égaux… ce qui est rarement le cas. Et plus je parle avec des personnes qu’on pourrait appeler “des pairs”, Moscou étant une ville “business” par excellence, il semble que la pression entre les pairs ne soient pas toujours la plus faible ! D’autre part, un manager dans l’alimentaire me disait que des outils avaient été mis en place pour supporter une organisation fonctionnelle à succès, que ces outils avaient été utiles et avaient augmenté la productivité. Mais il a fallu qu’une seule personne change dans l’équipe pour que le dynamisme soit perdu au sein de l’équipe.
Outil informatique ou pas !
Cela dit, il apparaît que le changement de culture est possible car il y a une vraie envie pour aller vers autre chose. Tout le monde s’accorde à dire que l’idée de l’entreprise 2.0 serait absolument “catalysatrice” pour l’output d’une entreprise, mais que l’entreprise 1.0 n’est pas prête pour cette mue : “question de culture !”.
Le scéptisime semble encore reignier en maître… C’est sans doute être presque fataliste que de relever cela !